Introspection

Publié le par Arwenn Simon




Je n'avais jamais relu ce que j'ai écris...pas depuis que mes mots, mes phrases étaient devenus un livre.
Aujourd'hui je l'ai fais. Je l'ai relu. Je voulais le lire d'un œil extérieur, mais comment faire ? Comment se dissocier de mon propre passé ?
Je me suis demandé cent fois quelle méthode utiliser... et si tout simplement je prenais le temps de m'apaiser ? De rechercher à nouveau cette forêt qui me sauvait de la douleur. Et c'est ce que j'ai fais... cela peu paraître bizarre, voir schizophrénique, mais je me suis dissociée... Je n'étais plus cette enfant, cette victime mais une femme adulte sans passé, sans présent, sans futur. Juste un esprit sans souvenirs. Les maîtres zen doivent avoir un terme pour cela, mais je n'ai pas la science infuse, et je ne le connais...

J'ai commencé ma lecture et j'ai été choquée, submergée par les émotions, broyée de l'intérieur.
J'y ai vus une petite fille maltraitée, sacrifiée, déshumanisée, prise pour un jouet...abandonnée.
Les larmes ont afflué, déferlant par vagues incontrôlables...le Rimmel coulant, traçant des lignes noires sous mes yeux rougis. J'ai combattus ma nausée, ma douleur, mes cris de haines et de rage face à cette atrocité.
J'ai poursuivi ma lecture ne voulant rien lâcher. Cette petite fille avait vécus tous cela, je pouvais au moins prendre la peine de le lire !
Les mots défilaient. Les grossièretés s'enchaînaient. Mais comment raconté cela sans ce langage brut ? Comment faire comprendre sans ces vulgarités ? Comment écrire cela dans un style littéraire et pompeux ? Je ne crois pas que cela soit faisable...
Et puis, j'ai vus son adolescence s'étaler. Les écueils et les récifs contre lesquels son corps se fracassait. Cette être si frêle, si fragile et pourtant si forte... J'ai eu envie de la gifler, de lui dire de se réveiller ! Qu'elle finirait par en mourir si elle ne changeait pas rapidement de vie... La drogue, la prostitution, les « TCA »...comment une jeune fille pouvait-elle vivre tout cela sans sombrer ? J'avais envie de lui tendre la main, de la prendre dans mes bras, de la bercer doucement en lui chuchotant des mots apaisants.
Mais qui serais-je pour oser faire cela ? Qui serais-je pour lui faire la moral, à elle cette gamine qui a vécus toute les horreurs de la vie ? Comment une personne peut-elle survivre à tout cela ? La résilience...jolie terme employé par Danger-public0 une personne avec qui j'ai échangé quelques messages. Oui, ce terme lui convient à merveille !
Et enfin, une bouffée d'espoir, je l'ai vus ce relever ! Se battre contre elle-même, grandir tout simplement. La chute n'en fut que plus dure à mes yeux...une nouvelle descente aux enfers, un nouveau précipice dans lequel elle plonge, ou plutôt devrais-je dire où on la pousse.
J'ai serré les poings et les dents tout au long de ma lecture. L'amour a enfin pointé son nez dans sa vie, une nouvelle vie pleine de joie ? Non, de nouvelles peines qui paraissent encore plus lourde à ses yeux.
Une chute...encore une, dans les méandres de la vie. Dans tous ce que l'homme recèle de pire en lui...les mensonges, les trahisons...un cœur à peine guérit qui se brise à nouveau.
Quand enfin le bonheur a finis par surgir dans sa vie, je n'y ai pas crus...ce n'est pas possible ! Cette gamine perdue est vouée à la souffrance...mais non, j'avais tord, elle goûtait enfin au bonheur.
J'ai fermé le livre sur un air de « pont Mirabeau ». J'ai laissé mes opinions, mes sentiments tourbillonnés en moi. Tout du long, j'ai eu envie de la protéger, de la réconforter, de lui donner un peu de bonheur, un peu de joie...

Et puis j'ai laissé mon âme, mes souvenirs, mes douleurs rejoindre ce corps dissocié le temps d'une lecture. Cette petite fille, cette ado, c'était moi !
C'était mon parcours, si chaotique, si critiquable, si...atroce. J'ai entendus d'un coup cette petite fille...vous savez, la petit enfant qui est en chacun de nous et que l'on fait taire à coups de « ta gueule » en grandissant. Elle était là, elle me parlait et je la laissais faire... elle a été si forte, elle a eu si peur, si mal...tellement mal. J'ai laissé cette petite fille remonter à la surface de mon être. Elle que j'ai voulue assassinée, elle que j'ai trahis, elle que j'ai bâillonnée et mis dans l'ombre en lui disant de la fermer si elle ne voulait pas que je l'achève. Elle a qui j'ai parlé comme si j'étais LUI.
J'ai pris le temps de lui dire...pardon. Pardon de ne jamais lui avoir dit qu'elle n'était pas responsable. Pardon de l'avoir laissé seule dans le noir et le silence...ce silence si lourd, si étouffant. Pardon de ne l'avoir jamais écouté. Pardon d'avoir crus qu'elle ne valait pas la peine que je m'occupe d'elle...

Ces un grand pas, grâce a cela, je ne me reproche plus rien !
Je remue la merde presque 20 ans après...je remue toute cette fange que cette famille désunis voulait oublier. Je l'ai déterré sans leurs avis...et je n'attends plus rien d'eux.
Ma mère, mon père, mon cousin, ma cousine, mon homme, ma belle-famille, mes amis...eux me croient ! Eux, me font confiance. Eux, m'aime malgré ce silence si lourd de conséquence alors qu'importe l'opinion de ceux qui n'ont rien entendus et ne veulent toujours pas entendre !?
Qu'ils me reprochent de ne pas avoir parlé, je m'en moque ! Qu'ils me reprochent la perte de Cathy si douloureuse pour vous et pour moi, je m'en moque...je n'aurais qu'une chose à leur dire : « Et vous ?? Vous, qu'avez-vous fait pour elle ? Rien ! Alors vivez avec votre conscience et n'entachez pas la mienne »
Leur reproches, je les prendrais pour ce qu'ils sont : des gouttes de pluies insignifiantes essayant d'assombrir le soleil de ma vie mais qui finisse dans une marre de boue, là où est leur place !

Résiliente...survivante...courageuse...forte...acharnée...passionnée...

La petite Audrey n'est pas morte, elle attendait juste qu'Arwenn lui ouvre les bras !
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Publié dans Blabla

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