Le Marquis... Auteur que me fit découvrir mon professeur de Français ;) un homme merveilleux, hors normes ! (je parle du prof, pas du marquis lol quoi que...)

Publié le par Arwenn Simon




L'instituteur Philosophe


De toutes les sciences qu'on inculque dans la tête d'un enfant lorsqu'on travaille à son éducation, les mystères du christianisme, quoique une des plus sublimes parties de cette éducation sans doute, ne sont pourtant celles qui s'introduisent avec le plus de facilités dans son jeune esprit. Persuader par exemple à un jeune homme de quatorze ou quinze ans que Dieu le père et Dieu le fils ne sont qu'un, que le fils est consubstantiel à son père et que le père l'est au fils, etc., tout cela, quelque nécessaire néanmoins que cela soit au bonheur de la vie, est plus difficile à faire entendre que de l'algèbre et lorsqu'on veut y réussir, on est obligé d'employer de certaines tournures physiques, de certaines explications matérielles qui, toutes disproportionnées qu'elles sont, facilitent pourtant à un jeune homme l'intelligence de l'objet mystérieux.



AUGUSTINE DE VILLEBLANCHE
ou
Le stratagème de l'amour


Ainsi pensait Mlle de Villeblanche et très affirmativement décidée à ne se jamais contraindre, se moquant des propos, assez riche pour se suffire à elle-même, au-dessus de sa réputation, visant épicuriennement à une vie voluptueuse et nullement à des béatitudes célestes auxquelles elle croyait fort peu, encore moins à une immortalité trop chimérique pour ses sens, entourée d'un petit cercle de femmes pensant comme elle, la chère Augustine se livrait innocemment à tous les plaisirs qui la délectaient. Elle avait eu beaucoup de soupirants, mais tous avaient été si maltraités, qu'on était enfin à la veille de renoncer à cette conquête, lorsqu'un jeune homme nommé Franville, à peu près de son état et pour le moins aussi riche qu'elle, en étant devenu amoureux comme un fou, non seulement ne se dégoûta point de ses rigueurs mais se détermina même très sérieusement à ne pas abandonner la place qu'elle ne fût conquise; il fit part de son projet à ses amis, on se moqua de lui, il soutint qu'il réussirait, on l'en défia et il entreprit. Franville avait deux ans de moins que Mlle de Villeblanche, presque point de barbe encore, une très jolie taille, les traits les plus délicats, les plus beaux cheveux du monde; quand on l'habillait en fille, il était si bien dans ce costume qu'il trompait toujours les deux sexes, et qu'il avait souvent reçu, des uns en s'égarant, des autres bien sûrs de leur fait, une foule de déclarations si précises, qu'il aurait pu dans le même jour devenir l'Antinoüs de quelque Adrien ou l'Adonis de quelque Psyché. Ce fut avec cet habit que Franville imagina de séduire Mlle de Villeblanche; nous allons voir comme il s'y prit.
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Publié dans Blabla

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